Il faut que ça roule

Chaque jour, plus de deux millions de Canadiens utilisent le transport en commun.

Certains le font pour aller au travail ou à l’école. D’autres aident à relancer notre économie, en allant magasiner, voir un match ou un spectacle. Ou encore, il s’agit de personnes âgées ou de personnes en situation de handicap, qui dépendent du transport en commun pour leurs besoins quotidiens.


Tous ces gens ont besoin que les premiers ministres travaillent ensemble pour soutenir le transport en commun, en prolongeant le soutien financier qu’ils ont fourni l’an dernier. En fait, nous en avons tous besoin. Parce que si le transport collectif se transforme en échec, les villes seront plus congestionnées. Les objectifs climatiques seront plus difficiles à atteindre. Et ce serait injuste pour les travailleurs à faible revenu et les étudiants qui vivent trop loin du travail ou de l’école pour marcher ou se déplacer à vélo, mais qui ne gagnent pas assez d’argent pour pouvoir conduire.

Le transport en commun : il faut que ça roule !

Pourquoi

Avant la pandémie, les tarifs perçus couvraient plus de la moitié du coût de fonctionnement des transports en commun. À mesure que l’achalandage a diminué, alors que les gens se sont mis à travailler ou étudier à la maison, les réseaux de transport en commun ont perdu des revenus.

L’an dernier, les premiers ministres ont travaillé ensemble pour fournir 4,6 milliards de dollars pour maintenir le transport en commun. Mais ces fonds s’épuisent.

L’achalandage des transports en commun est actuellement à environ la moitié des niveaux qui prévalaient avant la pandémie. À moins que l’écart entre ce que les réseaux de transport en commun obtenaient avant grâce aux tarifs et ce qu’ils obtiennent maintenant ne soit comblé, les réductions de service sont inévitables.


Les villes n’ont pas les outils fiscaux pour combler elles-mêmes l’écart. Voilà pourquoi les maires des grandes villes ont demandé au premier ministre Trudeau de travailler à nouveau avec les provinces afin que nous puissions continuer de faire rouler les transports en commun.


Équité

Certaines personnes se demandent pourquoi le premier ministre Trudeau devrait travailler avec les premiers ministres provinciaux pour maintenir le transport en commun, si moins de personnes l’utilisent. C’est une bonne question.


Le transport en commun est un service essentiel pour plus de deux millions de Canadiens, qui en dépendent chaque jour. Pour beaucoup, c’est la seule façon dont ils peuvent se rendre au travail ou à l’école. Ils ne devraient pas avoir à attendre des heures ou devoir marcher des kilomètres, encore moins perdre complètement l’accès à l’emploi ou à l’éducation. Le transport en commun est également un élément essentiel de la vie quotidienne de plusieurs aînés et de personnes en situation de handicap.


Lorsque la pandémie a frappé, la plupart d’entre nous ont pu travailler à domicile. Mais beaucoup de gens ne pouvaient tout simplement pas. Parmi eux, on retrouvait une plus grande proportion de femme ou de personne de couleur. Et même au pire du confinement, dans les premiers mois de la pandémie, plus d’un million de

Qui étaient-ils ?

Bien sûr, des gens de tous les revenus utilisent le transport en commun. Mais si le service est réduit, les usagers à revenu élevé ont des alternatives, comme la voiture, qu’ils peuvent se payer. Les personnes à faible revenu ne peuvent pas, et sans transport en commun, il y aura croissance de l’injustice et des inégalités.


CLIMAT

Le Canada n’est pas en voie d’atteindre ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le transport en commun peut contribuer à réduire ses émissions de près de 15 millions de tonnes par an. Mais si on laisse dépérir le transport en commun, ce potentiel de réduction sera perdu et les émissions augmenteront.

Pourquoi ?

Le facteur le plus important pour une personne qui utilise le transport en commun est sa commodité. Si le service est réduit parce que les villes ne peuvent pas se permettre de le maintenir, ceux qui peuvent se permettre de conduire le feront sans doute. L’empreinte carbone d’un individu qui conduit est 77 % plus élevée que s’il utilise le transport en commun.


Le gouvernement fédéral et de nombreuses provinces aident les réseaux de transport en commun à électrifier leurs flottes et à utiliser moins de diesel. Mais pourquoi aider les réseaux à acheter des autobus électriques qu’ils ne pourront pas se permettre de faire fonctionner ? Pour aider le transport en commun à aider le Canada dans l’atteinte de ses objectifs climatiques, le premier ministre Trudeau doit travailler avec les premiers ministres provinciaux pour maintenir les réseaux en fonction.


TRAFIC

Avant la pandémie, les transports en commun aidaient à décongestionner les villes. Au cours de la décennie précédente, l’achalandage a augmenté de près de 20 %. Imaginez à quel point nos routes seraient engorgées si ce n’avait pas été le cas.


Et imaginez à quel point cela empirera si, à la réouverture de notre économie et de nos bureaux, les personnes qui utilisaient les transports en commun décidaient de prendre le volant. Nos routes seraient de plus en plus engorgées. La productivité baisserait. Il n’y a d’ailleurs pas assez de places de stationnement dans la plupart des centres-villes pour toutes ces voitures.

L’arrivée de la Covid-19 a entraîné une chute de l’achalandage, en grande partie parce que plus de personnes travaillaient à domicile. Mais certaines personnes se sont quand même rendues au travail. Près de 75 % des personnes qui ont abandonné les transports en commun l’ont fait en faveur d’une voiture privée. Si les premiers ministres ne s’entendent pas pour appuyer le transport en commun, encore plus de gens feront ce choix.


S’ils font ce choix, le transport en commun risque de partir dans une spirale descendante à long terme. À mesure que le service devient moins commode et pratique, les personnes qui peuvent se payer un volant le feront. Cela entraînera moins de services, donc moins de passagers, et finalement, moins de revenus. Une fois cette spirale amorcée, il faut des années pour rétablir la situation. Lorsque des compressions gouvernementales ont entraîné des réductions de service à Montréal et à Toronto au début des années 1990, il a fallu près de 20 ans pour que l’achalandage se rétablisse.


Soutien public

Les Canadiens veulent que le premier ministre Trudeau travaille avec les premiers ministres provinciaux pour que le transport en commun continue de fonctionner. Il faut que ça roule. Ils connaissent l’importance du transport collectif pour la mobilité urbaine. Ils appuient le transport en commun comme outil de développement social pour les moins fortunés. Et ils comprennent l’impact positif du transport collectif dans la lutte que mène le Canada contre le changement climatique.